Lettera di Pierre
Corbefin maggio 2008
Impressions
A Vialfré, le personnage central, c'est cette
clairière en pente douce où des bosquets de chênes
jouent avec le soleil. Mais la nature, aussi enchanteresse soit-elle,
ne serait rien d'autre qu'un décor sans âme sans
les instigateurs du drame qui se joue ici chaque année
dans les derniers jours de juin... A Vialfré, tu poses
ton sac à l'ombre et tu dresses ton bivouac dans le village
de toile, sur la pente. Tu n'as plus ensuite qu'à te
laisser porter par la musique qui danse. Elle monte des grands
chapiteaux blancs dressés dans la prairie. Tu peux aller
où bon te semble, dans la chaleur des saluts. Selon l'heure
et selon l'humeur, tu choisiras d'inviter une belle autochtone
à tourner une valse ou d'aller t'initier à la
géographie d'un sbrando ou d'une courenta de la Val Vermenagna.
A Vialfré, en Piémont, dans la douceur de l'air
qui descend des Alpes, tu as le choix entre les dépaysements.
De la Sardaigne à la Castille. De la Bretagne à
l'Emilie-Romagne. De l'Irlande aux "vallées occitanes
d'Italie", tellement mythiques pour nous, occitans de France.
Quand tu auras faim, tu prendras ton tour dans le joyeux cortège
qui défile lentement jusqu'aux cuisines, où ton
repas t'y sera servi par des fées. Ce qu'on mange ici
ne déparerait pas à la table d'un prince. Plus
tard, si tu passes par là, des gens assis sous les arbres
te feront un place pour chanter avec eux... Et quand tu rentreras,
fourbu, dans les premières transparences de l'aube, c'est
le son d'un piffero, magique, qui prolongera pour toi le bal
qui refuse d'en finir.
pierre corbefin
|