V I A L F R E '   2 2 - 2 6 G I U G N O  2 0 1 1

DICONO DI NOI

Lettera di Pierre Corbefin maggio 2008

Impressions



A Vialfré, le personnage central, c'est cette clairière en pente douce où des bosquets de chênes jouent avec le soleil. Mais la nature, aussi enchanteresse soit-elle, ne serait rien d'autre qu'un décor sans âme sans les instigateurs du drame qui se joue ici chaque année dans les derniers jours de juin... A Vialfré, tu poses ton sac à l'ombre et tu dresses ton bivouac dans le village de toile, sur la pente. Tu n'as plus ensuite qu'à te laisser porter par la musique qui danse. Elle monte des grands chapiteaux blancs dressés dans la prairie. Tu peux aller où bon te semble, dans la chaleur des saluts. Selon l'heure et selon l'humeur, tu choisiras d'inviter une belle autochtone à tourner une valse ou d'aller t'initier à la géographie d'un sbrando ou d'une courenta de la Val Vermenagna. A Vialfré, en Piémont, dans la douceur de l'air qui descend des Alpes, tu as le choix entre les dépaysements. De la Sardaigne à la Castille. De la Bretagne à l'Emilie-Romagne. De l'Irlande aux "vallées occitanes d'Italie", tellement mythiques pour nous, occitans de France. Quand tu auras faim, tu prendras ton tour dans le joyeux cortège qui défile lentement jusqu'aux cuisines, où ton repas t'y sera servi par des fées. Ce qu'on mange ici ne déparerait pas à la table d'un prince. Plus tard, si tu passes par là, des gens assis sous les arbres te feront un place pour chanter avec eux... Et quand tu rentreras, fourbu, dans les premières transparences de l'aube, c'est le son d'un piffero, magique, qui prolongera pour toi le bal qui refuse d'en finir.

pierre corbefin